Avant la fugue

L’article 38.1 a) de la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ) indique que la sécurité ou le développement d’un jeune peut être compromis s’il quitte sans autorisation son propre foyer, une famille d’accueil ou une installation maintenue par un établissement qui exploite un centre de réadaptation ou un centre hospitalier. Cela dit, la fugue n’est pas synonyme de plaisir. Elle répond à certains besoins fondamentaux chez les jeunes, tels que la liberté, la valorisation, l’expérimentation, la contestation ou l’autonomie. Le défi des intervenants est donc de bien écouter les messages véhiculés par la fugue, afin d’adapter l’accompagnement aux différentes réalités telles que vécues et perçues par les jeunes.

Un incident ou un contexte qui peut sembler anodin pour certains, peut représenter un obstacle difficile à affronter pour d’autres. Devant une telle situation, les jeunes peuvent avoir de la difficulté à exprimer, voire même comprendre leurs propres émotions. Certains peuvent alors choisir la fugue comme un moyen de s’exposer, de s’effacer ou encore de se retrouver. Cela nous amène donc à dire que les jeunes peuvent utiliser la fugue, de façon consciente ou non, pour envoyer des messages aux adultes, notamment aux intervenants. En amont même de l’acte de fuguer, les jeunes adressent souvent des messages aux personnes de leur entourage. Messages qui, s’ils ne sont pas compris ou restent sans réponse, peuvent motiver la fugue.

Le passage à l’acte de la fugue, qu’elle soit spontanée ou planifiée, est généralement précédé d’un dilemme. Les jeunes sont ambivalents face à la rupture avec leur milieu de vie qu’implique nécessairement la fugue. Le degré d’ambivalence est proportionnel à la qualité des relations qu’entretiennent les jeunes avec leur entourage (famille, pairs, intervenants, etc.). Plus les liens sont forts, plus il sera difficile pour les jeunes de passer à l’acte. À l’inverse, plus les liens sont faibles, plus il leur sera facile de mettre leur fugue en action.