Réponses aux questions fréquentes

Si je décide de fuguer, quelles sont les conséquences possibles?


Les conséquences diffèrent en fonction du milieu d’origine de la fugue (familial ou autre milieu de garde). Dans tous les cas, sache qu’un avis de fugue risque d’être déposé aux services de police qui auront comme rôle de te retrouver. S’il s’agit d’une fugue du milieu familial, un signalement peut être déposé auprès de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), qui évaluera la situation et décidera ou non d’une mesure à mettre en place (suivi au sein du milieu familial, placement en institution, etc.). S’il s’agit d’une fugue d’une institution (centre de réadaptation, centre hospitalier ou famille d’accueil), les implications peuvent être multiples. En voici certains exemples : la fermeture de ta place après un certain temps, ton transfert vers un autre établissement, la remise en cause de certains projets ou privilèges et le recours à des mesures de protection (arrêt d’agir ou encadrement intensif).

Cela étant dit, si tu décides de fuguer, cela ne signifie pas nécessairement que tu feras face à ces conséquences. Il existe autant d’issues à une fugue qu’il existe de jeunes qui vivent cette situation. Dans tous les cas, il est nécessaire de connaître les conséquences possibles pour arriver à faire des choix éclairés. Alors, n’hésite pas à faire appel aux ressources pouvant t’accompagner à travers ta réflexion.


Si je quitte mon milieu de vie, est-ce que les services de police peuvent me rechercher et me ramener ?


Selon le Code civil du Québec, un mineur ne peut pas quitter son foyer ou tout autre lieu reconnu comme tel, sans le consentement de ses parents ou du titulaire de l’autorité parentale (Hanigan, 1997). De plus, la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ) nous dit que la sécurité ou le développement d’un mineur peuvent être compromis si ce dernier fugue, c’est-à-dire s’il quitte sans l’autorisation de ses parents ou de la personne qui en assume la fonction, son propre foyer, une famille d’accueil, un centre de réadaptation ou un centre hospitalier (art. 38.1 L.P.J.). Alors, si tu es en fugue, la personne qui a ta responsabilité légale peut déposer un avis de fugue ou de disparition aux services de police. À partir de ce moment, ces derniers ont le rôle de te rechercher et de te ramener dans ton milieu de vie.


Si je suis en fugue, que puis-je faire pour améliorer la situation qui m’a amené à quitter mon milieu de vie?


Il est possible que tu aies quitté ton milieu de vie, car les messages que tu as tenté d’adresser aux personnes de ton entourage n’ont pas été compris ou répondus. Si c’est le cas, la fugue peut être un bon moment pour te préparer à adresser tes préoccupations autrement. Même si cela est difficile, il reste que c’est à travers le dialogue que la situation peut évoluer, et que des négociations, des revendications ou des ententes peuvent se faire.

Si ta fugue est motivée par le fait d’avoir reçu des réponses insatisfaisantes à des interrogations en lien avec un sujet précis (logement, école, travail, formation, thérapie, sexualité, placement en protection de la jeunesse, etc.), profites-en pour te renseigner, vérifier et confronter tes perceptions de la réalité. Tu pourras ensuite présenter tes idées aux personnes concernées. C’est peut-être là un point de départ vers une résolution de la situation.

Enfin, voici une série de questions que tu peux te poser régulièrement. Si tu ne peux pas y répondre immédiatement, garde-les tout de même à l’esprit, afin de t’accompagner dans ta réflexion : Ce que je vis actuellement correspond-il à ce que je recherchais au moment de fuguer? Y a-t-il des objectifs que je souhaite atteindre pendant ma fugue? Comment puis-je les atteindre? Suis-je ouvert et/ou prêt à travailler pour améliorer, clarifier ou régler ma situation? Quels sont les aspects de ma situation que j’aimerais voir changer? Quels compromis suis-je prêt à accepter?


Si je suis en fugue, y a-t-il des ressources vers lesquelles je peux me tourner?


Il existe différents types de ressources susceptibles de pouvoir t’accompagner. Il y a des lignes d’écoute et des organismes qui peuvent répondre en toute confidentialité à tes questions sur différents sujets, tels la sexualité, la consommation, les lois et tes droits. Il y a également des ressources qui peuvent t’accueillir pendant la fugue. Ce ne sont pas des lieux où tu peux te cacher, mais où tu peux, par contre, être en sécurité. Ce sont aussi des endroits où tu peux te nourrir, te laver et dormir, et éventuellement avoir le temps et l’énergie nécessaire pour réfléchir à ta situation. Si tu es en fugue, n’hésite pas à contacter l’une ou l’autre de ces ressources, afin de te renseigner sur leur fonctionnement.


Si je reviens en centre jeunesse après une fugue, serai-je transféré en encadrement intensif ou en arrêt d'agir?

L’arrêt d’agir et l’encadrement intensif sont des mesures exceptionnelles, et ne sont donc pas utilisées de façon systématique. L’arrêt d’agir est en quelque sorte une « retraite fermée » visant à dénouer l’impasse dans laquelle peut se trouver un jeune. Règle générale, cette mesure n’excède pas 5 jours. Si un jeune n’est pas considéré prêt à regagner son unité et qu’il doit rester en arrêt d’agir pour une plus longue période, cela doit être approuvé par le coordonnateur. Pour ce qui est de l’encadrement intensif, il s’agit d’une mesure considérée nécessaire lorsqu’un jeune connaît des difficultés jugées importantes : placements multiples, fugues à répétition, agressivité, difficultés relationnelles majeures, refus d’aide, consommation de drogues, fréquentation de gangs ou d’individus criminalisés. Pour plus d’informations sur l’hébergement en encadrement intensif, tu peux consulter la brochure « Tu es hébergé dans une unité d’encadrement intensif du centre jeunesse, qu’arrive-t-il? » en cliquant sur le lien suivant : http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/2007/07-838-03F.pdf

Cela étant dit, rappelle-toi que si la fugue n’est pas un délit en soi, elle implique par définition des actes « non autorisés », et les décisions que tu prends pendant ta fugue peuvent influencer la nature des actions qui seront prises, en retour, à ton égard. Alors, il est possible que la décision de quitter ton milieu de vie engendre des conséquences. Certaines d’entre elles pourront te satisfaire, d’autres moins. Dans tous les cas, il est préférable que tu sois conscient de ces conséquences et que tu t’y prépares; n’hésite pas à poser des questions à ce sujet. D’autre part, n’oublie pas que si tu es régi par certaines lois, dont la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ) et le Code civil du Québec, les personnes responsables de toi le sont aussi. Ces lois te confèrent des droits, et il est juste que tu souhaites les faire respecter. Si tu as l’impression que l’on porte atteinte à certains de tes droits ou libertés, sache que des recours sont possibles. Renseigne-toi auprès des ressources susceptibles de pouvoir t’accompagner.