Tu penses revenir de fugue?

Tu es fatigué de ce que tu vis pendant ta fugue? Tu as trouvé ou non ce que tu souhaitais? Quoi qu’il en soit, tu sens qu’il est temps que cette situation change. Tu as cette idée à l’esprit, mais tu ne sais peut-être pas comment t’y prendre ou encore ce qui t’attend à ton retour. Voici quelques pistes de réflexion qui peuvent te permettre d’y voir plus clair.

Comment envisages-tu ton retour?


En prenant la décision d’un retour, tu ne signifies pas par là que les raisons pour lesquelles tu as fugué ne sont plus valables. Choisir de rentrer par toi-même, au lieu d’être retrouvé et ramené (par la police, par un membre de ta famille, etc.), démontre que tu es acteur de ta situation. En faisant ce choix, tu ne subis pas une décision prise par un autre. Au contraire, tu révèles ton intention de résoudre la « crise » qui t’avait poussé à partir.

La décision d’un retour n’est pas toujours facile à prendre. Tu peux trouver du soutien pour t’aider à réfléchir et à faire tes choix. Tu peux essayer d’en parler à une personne de confiance qui pourra t’écouter sans te juger ou t’influencer. De plus, quelqu’un qui n’est pas impliqué directement dans ta situation peut plus facilement t’offrir un regard neuf sur ce que tu vis, et ainsi te permettre d’entrevoir des solutions différentes. Parler de ce que l’on vit est un moyen de faire face aux situations difficiles, d’y voir plus clair, ou de sortir des impasses dans lesquelles on peut se retrouver.

S’il n’y a personne dans ton entourage immédiat à qui tu peux te confier (amis, famille, connaissance proche), ne t’inquiète pas car il existe d’autres possibilités. Cette personne de confiance peut aussi être un intervenant, un travailleur social, un éducateur, un professeur, un psychoéducateur, un infirmier, un médecin, etc. Il existe des ressources sur lesquelles tu peux t’appuyer et qui peuvent te transmettre des informations sur différents aspects qui entourent la fugue. N’hésite pas à les contacter.

S’il est difficile pour toi d’envisager un retour par peur des conséquences possibles, tente malgré tout d’établir un premier contact. Vérifie tes perceptions. Parfois les choses sont toutes autres que ce que l’on a pu imaginer…


Un retour, ça se prépare…


Voici une série de questions que tu peux te poser afin de t’aider à te préparer pour la suite des évènements :

Qu’est-ce qui t’attend à ton retour? Comment envisages-tu la suite? Comment souhaites-tu rentrer? Souhaites-tu être représenté à ton retour? Y a-t-il des aspects que tu aimerais voir changer? As-tu envie de négocier des choses dans le cadre de ton retour? Quels compromis es-tu prêt à accepter? As-tu des propositions à suggérer?

Si tu envisages de mettre un terme à ta fugue, il est peut-être temps, si ce n’est déjà fait, de prendre contact avec la ou les personnes du milieu dans lequel tu vis et ainsi entamer une discussion avec elles. C’est à travers le dialogue que la situation peut évoluer et que des négociations, des revendications ou des ententes peuvent se faire. Si tu ne souhaites pas donner de tes nouvelles directement à ton responsable légal, n’hésite pas à contacter une autre personne avec qui l’échange est plus facile.

Si la fugue n’est pas un délit en soi, elle implique par définition des actes « non autorisés ». Il est possible alors que ton choix d’être parti en fugue engendre des conséquences. Certaines d’entre elles pourront te satisfaire, d’autres peut-être moins. Il est donc préférable que tu en sois conscient et que tu t’y prépares.

Dans le cas d’une fugue d’une institution (centre de réadaptation, centre hospitalier ou famille d’accueil), les implications peuvent être multiples : la fermeture de ta place après un certain temps, le transfert dans un autre établissement, la remise en cause de certains projets ou privilèges et le recours à des mesures de protection (arrêt d’agir ou encadrement intensif) en sont quelques exemples.

Quelle que soit ta situation, n’hésite pas à poser des questions à ce sujet. Tu ne veux probablement pas revenir dans ton milieu pour ensuite fuguer de nouveau.

D’autre part, n’oublie pas que si tu es régi par certaines lois, dont la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ) et le Code civil du Québec, les personnes responsables de toi le sont aussi. Ces lois te confèrent des droits, et il est juste que tu souhaites les faire respecter. Alors, si tu as l’impression que l’on porte atteinte à certains de tes droits ou libertés, sache que des recours sont possibles. Renseigne-toi auprès des personnes compétentes.