Réponses aux questions fréquentes

Comment prévenir la fugue?


Il est important pour les intervenants d’être à l’affût de signes témoignant de la présence d’insatisfactions chez les jeunes. Fiez-vous à vos observations et à votre intuition, et partager vos perceptions avec le jeune concerné. Il est préférable de vous tromper plutôt que de laisser un jeune sur l’impression que personne ne le remarque ou ne se soucie de sa situation. Voici quelques pistes :

  • Offrir au jeune un espace (temps et lieu) pour parler de ce qui le préoccupe.
  • Vérifier et valider auprès de l’entourage du jeune vos inquiétudes.
  • Privilégier l’expression des émotions vécues par le jeune.
  • Désamorcer et tenter de comprendre la crise.
  • Éviter les jugements.
  • Éviter la dramatisation.
  • Aider le jeune à faire l’inventaire des solutions qui se présentent à lui et des moyens pour y parvenir.


Comment protéger les jeunes pendant leur fugue?


La meilleure façon de protéger les jeunes pendant leur fugue est de ne pas rompre la communication, et donc le lien de confiance entre eux et vous. Leur proposer des rendez-vous téléphoniques ou des échanges de courriels peut les inciter à vous donner de leurs nouvelles, tout en vous permettant de continuer à avoir un rôle significatif dans leur vie.


Comment amener les jeunes à s’exprimer sur leur fugue?


Le passage à l’acte de fugue est l’expression consciente ou non d’une souffrance, d’un malaise ou d’une insatisfaction. L’accompagnement des jeunes en retour de fugue doit donc viser la compréhension du sens de cet acte dans leur vie. Il ne s’agit pas d’enquêter sur les activités, les lieux et les individus connus par les jeunes lors de leur fugue, mais plutôt de saisir leurs motivations à fuguer. Cela dit, lors de la fugue, le jeune, ses parents ou même les intervenants peuvent être confrontés à des moments de confusion, d’impuissance et de contradictions, c’est-à-dire vivre une crise. Il est alors nécessaire de prendre le temps de vivre celle-ci avant de chercher trop rapidement à régler la situation. Bien qu’il soit primordial que le jeune, les parents et les intervenants cherchent ensemble de nouvelles ententes plus satisfaisantes pour tous, il n’en demeure pas moins que cet échange s’annonce encore plus difficile s’il n’y a pas respect du temps, de l’espace et de l’énergie nécessaire à chacun.


Comment éviter la répétition de la fugue?


Pour certains jeunes, la fugue est un moyen de résoudre un problème. Pour d’autres, la fugue est une fin en soi et non plus un moyen. Leur liberté s’apparente à un ailleurs qui n’est pas situé dans le ici et le maintenant. L’histoire familiale des jeunes, ainsi que les nombreux placements et déplacements depuis le bas âge sont autant de facteurs pouvant influencer la répétition de la fugue. Outre cela, les difficultés à faire entendre leur parole sont notamment nommées par les jeunes comme des motivations à la répétition de la fugue : tant que le message porté par la fugue n’est pas entendu, la répétition persiste (Fredette et Plante, 2004, p.47) .

Les parents sont également des alliés à ne pas négliger et des acteurs très significatifs dans l’accompagnement des jeunes en situation de fugue. Ce sont des agents de changement important dans la vie de leur enfant. Toutefois, les parents ont souvent besoin de soutien afin de contribuer à cette démarche d’accompagnement. Ainsi, tout intervenant doit considérer la relation parents-enfant dans ses actions, et orienter celles-ci de manière à favoriser l’exercice des responsabilités parentales.